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BDX I/O 2025 : coulisses, conférences et coups de cœur

L’écosystème du numérique bordelais, déjà foisonnant tout au long de l’année, connaît un moment particulièrement fort chaque mois de novembre avec la conférence BDX I/O. L’édition 2025 était d’autant plus spéciale que l’événement fêtait ses dix ans autour d’un thème : « Dix ans d’innovation, dix ans d’impact : la technologie au service de la société ».

Cette année encore, ekino était présent en force — pour soutenir notre collègue Josiane Makelele, qui figurait parmi les intervenantes, pour enrichir notre veille technique et, bien sûr, pour faire de belles rencontres. (Et combler ma gourmandise : je ne peux pas ne pas mentionner le superbe buffet avec les cookies de la muerte !)

La belle team ekino à BDX I/O

IA, scénarios et responsabilités : les enseignements du discours d’ouverture

La journée a débuté en douceur avec un discours d’ouverture retraçant les moments forts de ces dix dernières années, suivi de la présentation des bénévoles de l’association — un grand merci à elles et à eux pour leur engagement ! Puis est venue la première conférence, intitulée « Prédire l’imprévisible : comment penser le futur à l’ère de l’IA », animée par Ludovic Cinquin.

Le conférencier a présenté un sondage réalisé en 2022 auprès des plus grands spécialistes de l’intelligence artificielle. Ceux-ci estimaient alors que les ordinateurs surpasseraient l’intelligence humaine aux alentours de 2050. Cette date me semblait assez rassurante car elle me laissait un peu de délai dans mon parcours professionnel. Or, à peine un an plus tard, ces mêmes chercheurs ont révisé leurs prévisions, avançant cette échéance de treize ans par rapport à leur estimation initiale !

Graphique qui montre le décalage dans le sondage des chercheurs
https://arxiv.org/pdf/2401.02843

Cette incertitude autour de l’évolution et de l’impact de l’IA touche visiblement tous les secteurs : même les palettiers s’interrogent sur l’avenir de leur métier dans un monde en pleine mutation. Ils ont d’ailleurs organisé, à deux pas de BDX I/O, une conférence entièrement dédiée à ce sujet.

Cette thématique est d’autant plus complexe qu’elle se situe entre deux visions opposées : d’un côté, ceux qui redoutent la fin de l’humanité ; de l’autre, ceux qui voient dans l’IA la clé pour résoudre tous nos problèmes. De quel côté êtes-vous ?

Pour ma part, je me retrouve dans les deux discours : autant dans le positif que dans le négatif, et c’est surtout l’aspect environnemental qui me préoccupe particulièrement. Il ne faut pas perdre de vue les enjeux énergétiques et matériels liés à cette révolution technologique : la consommation d’énergie et la disponibilité du cuivre seront déterminantes pour répondre à la demande croissante générée par des systèmes toujours plus gourmands (un peu comme moi au buffet de BDX I/O !).

Selon Ludovic Cinquin, la clé de la réussite réside dans la gestion et la maîtrise de la complexité et de l’imprévu : les entreprises doivent comprendre leur fonctionnement afin de mieux s’adapter aux changements, à l’image des méthodes agiles déjà largement adoptées. Son deuxième conseil : penser en scénarios. Face à l’incertitude, mieux vaut anticiper les cas extrêmes et adapter nos stratégies en conséquence.

Enfin, Ludovic Cinquin a conclu sa présentation en insistant sur l’importance de savoir quand et comment utiliser l’intelligence artificielle, et de militer pour un usage éthique et responsable, car il s’agit avant tout d’un enjeu sociétal majeur.

Repenser l’animation web : utilité, accessibilité et éco-responsabilité

Après une courte pause, je me suis rendue à la conférence de Josiane Makelele, ingénieure Front-end Senior chez ekino, intitulée « L’animation web responsable : faire bouger sans alourdir ». Sa présentation s’intégrait parfaitement dans le thème de la journée, car au cours de la dernière décennie, notre manière d’interagir avec les interfaces numériques a profondément évolué.

Josiane en mode focus avec une équipe de supporteurs à ses côtés

Les animations CSS et JavaScript (JS) sont désormais omniprésentes : elles nous guident, attirent notre attention et nous incitent à interagir avec le site. Pourtant, leur usage demande de la vigilance, car elles peuvent alourdir les sites — en poids, en consommation d’énergie et même en charge cognitive pour l’utilisateur.

Dans son talk, Josiane cherchait à trouver le juste équilibre : il ne s’agit pas de bannir les animations, mais de les concevoir et les utiliser de manière responsable. L’objectif partagé par Josiane est de garder la magie du mouvement sans basculer dans l’excès.

Josiane nous a amené dans un voyage à travers le temps, commençant par l’époque où les animations fonctionnaient via Flash, où les sites étaient très animés, où l’accessibilité était laissée à la rue. Cette tendance a pris un nouveau tournant avec l’arrivée de CSS3 permettant de créer des animations natives dans le navigateur, plus simples, légères et adaptées aux utilisateurs en situation du handicap. Enfin, l’arrivée de JS a permis d’avoir les animations plus immersives pour inciter l’utilisateur à rester et explorer le site.

https://medium.com/media/b5de4ae4fe3592c80e8d6862eaebd57a/href

Aujourd’hui, nous passons à la nouvelle ère des animations UX utiles. Les mouvements créés jouent un rôle spécifique : renforcer une expérience utilisateur, rendre un produit plus accessible, plus compréhensible et plus humain.

L’éco-responsabilité doit aussi rester au centre : il s’agit de créer ce qui apporte une vraie utilité à l’utilisateur, plutôt que de chercher uniquement à l’impressionner ou à le divertir. L’astuce numéro 1 donnée par Josiane est de préférer le CSS à JavaScript quand cela est possible. Elle a présenté quelques animations qu’elle a développées avec et sans JS : l’effet visuel est le même mais l’impact de celle-ci est complètement différent. Josiane m’a aidé à prendre conscience que beaucoup d’animations peuvent aujourd’hui se faire uniquement en CSS, là où nous avons encore trop tendance à utiliser JavaScript.

J’ai également découvert l’importance de la propriété « prefers-reduced-motion». Elle permet de détecter le réglage pour minimiser les animations non essentielles afin que les utilisatrices et utilisateurs sensibles aux effets visuels puissent circuler sur le site sans être gênés.

Josiane a aussi partagé les dernières propriétés de CSS (animation-timeline et scroll-timeline) et le résultat était vraiment bluffant alors qu’il n’y avait aucun code JavaScript. Il faudrait quand même faire attention et vérifier si ces dernières animations sont bien supportées par les navigateurs.

Grâce à cette présentation, je me suis fait une promesse d’être davantage vigilante quand je serai amenée à implémenter des animations dans mes futurs projets.

JavaScript sous le capot : ce qui se passe vraiment quand le code s’exécute

Après le talk très réussi de Josiane (bravo encore !), je me suis dirigée vers une autre conférence intitulée « Les coulisses de JavaScript : ce qu’on utilise sans comprendre », animée par Etienne Idoux et Mickael Alves.

Leur objectif : nous aider à comprendre les grands principes de JavaScript, ceux que nous utilisons quotidiennement… parfois sans vraiment savoir comment ils fonctionnent.

L’illustration de la complexité de javascript

Aujourd’hui, JavaScript domine le web moderne, ce qui rend d’autant plus important de connaître les mécanismes qui l’animent.

Pour commencer, nous avons fait un petit retour historique sur ce langage créé en seulement dix jours, et qui donne aujourd’hui vie au web dynamique. Les deux intervenants ont retracé son évolution depuis 1995 jusqu’à nos jours, où JavaScript est omniprésent dans les navigateurs modernes.

Ils nous ont expliqué le rôle d’un JavaScript engine, ce moteur qui transforme le code JavaScript en code machine afin de nous permettre d’exécuter notre code dans le navigateur. Ils ont notamment cité plusieurs moteurs connus :

  • V8 (Chrome, Node.js, Microsoft Edge)
  • SpiderMonkey (Firefox)
  • JavaScriptCore (Safari, Bun)

Nous avons ensuite abordé le concept de JavaScript Runtime et ce qui se passe réellement lorsqu’un code s’exécute dans le navigateur. Etienne et Mickael ont rappelé les notions de heap (la mémoire) et de call stack (la pile qui rend JavaScript monothread, en empilant et dépilant les instructions une par une). Grâce à des exemples concrets, ils nous ont montré comment le code s’exécute et dans quel ordre.

Nous avons aussi révisé les principes des fonctions synchrones et asynchrones, ainsi que les notions de Task Queue et Microtask Queue. Le rappel sur les promesses et leur exécution était également très utile.

Sauriez-vous dire quel est le bon ordre d’exécution ?

J’ai ensuite découvert l’univers des Global Execution Contexts. Heureusement que des schémas très clairs accompagnaient l’explication, car il fallait bien s’accrocher pour comprendre et relier des concepts comme le Realm, le Variable Environment ou encore le Lexical Environment, chacun contenant différents Objects et Records.

Schéma contenant l’explication sur les différents Execution Contexts

La présentation était vraiment complète. Il ne manquait plus que la deuxième partie, qui abordera des sujets tout aussi passionnants : les workers, les closures, le this ou encore le garbage collector. J’ai hâte d’y assister (peut-être l’année prochaine lors de BDX I/O ?) !

Je vais m’arrêter là dans mon récit même s’il y a encore tant à partager ! Cette édition était une véritable réussite (aussi parce que j’ai gagné le jeu Apéro Quizz version geek !!! ) et je remercie ekino pour l’opportunité d’y assister !

Si vous avez envie d’en savoir plus sur d’autres conférences, je vous invite à consulter la chaîne Youtube de BDX I/O.


BDX I/O 2025 : coulisses, conférences et coups de cœur was originally published in ekino-france on Medium, where people are continuing the conversation by highlighting and responding to this story.