11/01/2022 4 Minutes read

Les NFTs au-delà de l'art : quels cas d'utilisation et opportunités ?

Cette année 2021 a été marquée par l’essor des NFTs. Ceux-ci ont permis une certaine démocratisation des technologies Blockchain, en particulier des Blockchains publiques. Toute cette démocratisation a eu lieu en particulier au travers de vente de NFTs représentant des œuvres d’art, numériques la plupart du temps. Cependant les jetons non fongibles (NFTs) ne se limitent pas nécessairement à ce cas d’usage. Après une rapide explication de ce que sont les NFTs, je vous propose d’explorer quelques cas d’application de cette technologie.

*Les NFTs au-delà de l'art

Un NFT, c’est quoi ?

NFT est l’acronyme de Non-Fungible Token, en français Jeton Non Fongible. Il s’agit d’une représentation (par un “jeton” numérique) d’une valeur qui est dite “non fongible”, c’est à dire unique en son genre, qu’on ne peut pas mélanger avec une autre. Au contraire d’une valeur “fongible”, telle qu’une monnaie (euro, dollar, crypto-monnaie), qui peut s’exprimer par une quantité, où un élément est équivalent à l’autre, un élément non fongible sera toujours distinct d’un autre.

Ainsi, un exemplaire d’une photographie tirée à un nombre d’exemplaires précis est non-fongible. Il en va de même pour un tableau par exemple. Cependant une image numérique a un nombre potentiellement infini de duplicatas, et est ainsi plus proche d’une propriété de fongibilité, une copie numérique étant en tout point équivalente à une autre.

Lorsque l’on parle de jeton ou “token”, dans le cadre des NFTs, on entend une modélisation numérique de la propriété, grâce aux propriétés d’une Blockchain publique. En effet, les transactions réalisées sur ces protocoles sont traçables, vérifiables, et permettent de connaître le propriétaire du jeton à un instant donné, qui sera le seul à pouvoir le transférer à quelqu’un d’autre. On comprend donc rapidement l’intérêt que cela représente pour l’art numérique : on peut grâce aux propriétés du “token” adosser une valeur de propriété à une image numérique, et par conséquent limiter la quantité de propriétaires de celle-ci.

Mais attention : un NFT permet uniquement de suivre la propriété, et non de limiter le nombre d’images en circulation. Le NFT est ainsi comparable à un certificat de propriété numérique d’une donnée.

Créer des valeurs purement numériques

Puisque les NFTs permettent de modéliser une valeur numérique, le secteur des Jeux Vidéo vient naturellement à l’esprit pour ce qui est des cas d’usages possibles. En effet, depuis toujours ceux-ci ont représenté des valeurs : qu’il s’agisse des golds, poussières, pièces que l’on peut récupérer pour l’économie du jeu, que les divers “loots” : ces objets gagnés en passant certains niveaux, qui sont parfois échangeables entre les joueurs.

Les NFTs peuvent aisément s’appliquer aux éléments qui seront gagnés ou achetés dans le jeu : les loots, mais aussi les “skins”. Ainsi, le joueur devient propriétaire de ces objets, ce qui va l’inciter à être plus engagé dans le jeu. Il pourra par ailleurs échanger ces objets contre de la monnaie du jeu, laquelle peut avoir une représentation financière sur les plateformes de change.

C’est ainsi qu’est né le modèle “play to earn”, pratiqué entre autres par Axie Infinity. Dans ce jeu, vous pouvez élever de petites créatures, et les faire combattre. Ces créatures ont de la valeur sur un marché secondaire, laquelle peut être traduite en crypto-monnaie, et récompenser les joueurs. Axie Infinity est très populaire aux Philippines, où des joueurs vivent désormais des récompenses gagnées dans le jeu.

On peut aussi citer Sorare, qui a modélisé grâce aux NFTs la rareté de cartes représentant des joueurs de foot, à la façon d’un Panini virtuel. Ces cartes peuvent ensuite être utilisées dans un jeu de fantasy football : vous pouvez créer votre équipe et concourir dans un championnat.

Ces cartes, objets ou skins sont portables d’un jeu à l’autre, d’un univers à l’autre, et même pourquoi pas d’un “Métavers” à l’autre. Les Métavers, ces univers virtuels, ont une véritable adhérence avec les NFTs. En effet, les joueurs de Métavers peuvent posséder des NFTs représentant un appartement dans l’univers, ou bien des objets de décoration. On peut alors imaginer qu’un joueur pourra mettre en valeur dans son appartement virtuel l’armure qu’il aura gagné dans un de ses jeux préférés.

Cet appartement, qu’il possède, il pourra aussi le mettre en location : ainsi, il recevra des crypto-monnaies en échange de la possibilité pour un autre joueur de profiter de son appartement virtuel. Il en est de même pour le reste de ses possessions.

Modéliser la propriété d’un bien physique

Les NFTs peuvent aussi servir à la création d’une représentation virtuelle d’un bien physique. Ainsi, je peux avoir le double numérique d’un objet de luxe, tel une montre par exemple. Une marque pourrait proposer aux acquéreurs de ses montres de luxe des NFTs représentant l’exemplaire précis qu’ils ont commandé.

La difficulté réside cependant dans le lien entre virtuel et réel : le NFT n’est pas directement lié à l’objet, et aura une vie à part de celui-ci. Il pourra avoir des propriétaires différents par la suite, il peut donc être intéressant d’y adosser d’autres usages, pour enrichir et exploiter son aspect numérique. Cela peut par exemple être une modélisation de l’objet dans un Métavers, permettant à son propriétaire d’avoir une version de son objet de luxe à afficher. On peut aussi envisager des services numériques accessibles au propriétaire du NFT : un club exclusif en ligne par exemple.

Tracer la responsabilité

Les NFTs permettant de suivre le propriétaire d’un élément unique, numérique, on peut aussi concevoir des cas liés à la responsabilité. En effet, lorsque je suis responsable de quelque chose, la responsabilité m’appartient. Cette notion d’appartenance peut être modélisée par un NFT.

C’est le concept qu’exploite la startup Ownest, qui utilise des NFTs pour tracer la responsabilité des transporteurs dans la chaîne logistique. À chaque échange de paquet / colis d’un transporteur à un autre, le transporteur qui cède le colis transfère le NFT de responsabilité de ce colis au transporteur qui le collecte. Une double validation s’effectue au moment de l’échange, permettant au transporteur ayant collecté le colis de refuser le NFT si le colis est endommagé (et donc la responsabilité). Ce système permet de savoir à qui revient la responsabilité juridique en cas de dommage sur un colis, et ainsi d’augmenter la qualité du processus de livraison partagé.

Les NFTs ont naturellement trouvé une place dans le monde de l’art. La preuve en est que la capitalisation totale approche les 47 milliards de dollars, contre 50 milliards de dollars pour le marché de l’art “classique”. Cependant ils peuvent proposer une variété de cas d’usage bien plus large, dont certains sont encore à explorer.

Ils permettent de modéliser la propriété virtuelle, voire la redéfinir entièrement : on peut aisément imaginer des propriétés partagées ou encore temporaires. Ou encore y adosser des valeurs très diverses. Une chose est sûre : vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

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